Aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir atteint un nouveau stade dans ma faiblesse. La faiblesse, normalement, c'est quand on craque: on est faible mentalement, on s'adonne à quelque chose de défendu, pas forcément contre ses valeurs, mais surtout parce que ça ne nous semble pas bien d'y céder - rapport aux conséquences futures. De fait, la faiblesse, ça représente peut-être ce qu'on refoule, ce qu'on se force à occulter, ce qui nous fait peur dans l'avenir, qu'il soit plus ou moins proche. Normalement, je cède difficilement à ce genre de faiblesse; je me dis qu'en persistant, on finit par ne plus flancher, et donc par être fort, bon an mal an. Là, j'ai lâché l'affaire direct. Depuis un certain moment, j'ai l'impression que j'ai atteint le maximum, et que ça n'a finalement pas servi à grand chose. Alors quoi ? Faut-il ne plus rien faire ? Tout ça me fatigue, mais j'ai l'impression d'être fatigué depuis toujours. Et que plus le temps passe, plus la façon dont les choses se déroule me perturbe. Ou pas en fait... Disons que j'arrive à me persuader du contraire, ce qui est plutôt pratique. Mais même en s'en persuadant à tire-larigot, il y a un moment où on se demande forcément: à quoi bon ?

Bon, cette introduction ne sert à rien, c'est pas de ça dont je veux parler de toute façon... Orelsan disait "j'préfère détester qu'aimer, j'préfère détruire que d'créer". Ouais, c'est plus facile dans ce sens, c'est évident. Chaque jour, j'essaye de me trouver de bonnes raisons pour ne pas ressentir, pour ne pas comprendre, pour ne pas être touché. C'est vachement difficile de faire comme si de rien n'était... J'avoue, je suis jaloux de ceux qui arrivent à faire comme s'ils en avaient rien à foutre. Moi, même semblant, j'y arrive pas. Et en plus, quand j'essaye de faire ça, après, je suis pas bien. Donc c'est quoi la solution ? Il n'y aucune solution. Comme la vie n'est pas fournie avec un mode d'emploi, seules les actions et les décisions prises, compilées aux réactions et aux décisions des autres, feront qu'il se passera quelque chose ou pas. Et si aucune réaction ni aucune décision en accord avec tes propres idées et tes propres principes n'émerge, alors il n'y a rien à faire. Et c'est ça, ce "rien à faire" qui me gonfle. Quoi qu'il arrive, j'aurais voulu faire, au moins quelque chose, n'importe quoi. Je n'ai pas envie de me résigner quand je peux encore avoir une incidence sur les évènements, les vies, le futur. Mais on ne peut pas forcer. Le temps qui passe n'efface rien, ce sont juste des boulets qu'on se traînera ad vitam aeternam. C'est vraiment fatiguant... Comment font les autres pour vivre avec tout ça sans se poser jamais face à eux-mêmes pour s'analyser et tenter de se comprendre, de faire avancer sa propre logique et ses idées ?

A quoi suis-je vraiment bon ? A quoi est-ce que je sers ? Suis-je dans le droit chemin ? Qu'est-ce que le droit chemin ? Pourquoi en arriver à coucher tout ça alors qu'il n'y a aucun intérêt à le faire ? C'est quoi la réalité ? A quel moment me semble-t-il opportun de franchir le pas dans toute parole, action, décision ? Faut-il forcer les choses ? Ai-je tort ? Quelqu'un me comprend-il alors que je ne me comprends pas moi-même ? Que dois-je faire ? Que dois-je dire ? Comment dois-je réagir ? A quoi bon faire des efforts s'ils semblent inutiles ? Pourquoi tout cela a-t-il l'air de ne jamais rien m'apporter ? Avec qui puis-je donc discuter de tout ça d'une manière tout à fait normale, profonde et réfléchie ?

C'est pathétique...