mardi 16 février 2010

Une nuit parmi d'autres

Il est 1h20. Ça fait longtemps que je ne dors plus que 4 ou 5 heures par nuit, donc je n'ai pas tellement l'impression que ça soit tard. Il faudrait que j'aille me coucher, mais des pensées me taraudent, et puis, comme d'habitude, j'ai pas réellement eu le temps de faire tout ce que j'aurais voulu faire ce soir. Parfois, je me dis que la vie que l'on mène est tracée depuis longtemps. Loin des obligations et des choses que l'on s'impose à soi-même, les autres mènent notre vie sans qu'on ne puisse rien y faire. C'est qu'il faudrait veiller à ne pas les décevoir, tous ces braves gens.
Moi, c'est pas tellement que je n'ai pas envie de décevoir quelqu'un. Disons plutôt que je ne dépose les armes que si je ne vois aucune porte de sortie accessible d'un simple pas. Si, pour arriver à cette porte, je dois risquer de me viander la gueule dans des rochers vingt mètres en contrebas, je ne vois pas bien l'intérêt. On pourra toujours me dire que tout ça n'est qu'une question de probabilité et d'envie, mais préfère-t-on davantage continuer de vivre ou risquer de mourir ?
L'important de tout cela est bien ailleurs, et j'ai l'impression d'avoir déjà eu ce sentiment une bonne demie-douzaine de fois. Je sais pourtant que personne n'y peut rien, mais il n'empêche, c'est toujours aussi désagréable. Un peu comme quand quelqu'un décède. On n'y peut rien. On souffre quand même, tout cela est très fataliste, et on est bien obligé de continuer à vivre pourtant, avec cette douleur qui pourra se révéler être une vraie force parfois.
Après, avec le temps, il paraît que les choses sont différentes, ou du moins atténuées. Le recul efface quelques souvenirs, quelques situations, il ne garde que quelques bons sentiments empruntés de douceur et de joie. On regrette souvent davantage la joie ressentie et procurée que tout autre chose. On oublie le reste et les difficultés, car là n'est pas réellement l'important. OK, quelque chose s'est brisé, la vie est ainsi faite. On a tellement l'impression de ne rien contrôler, d'être dépendant de tout un tas de trucs et de tout un tas d'idées...
Pourtant, me remettre en question, je continue à le faire. Chaque jour un peu plus, dans ma folie intérieure sujette à une perfection impossible à atteindre. C'est justement ce que je pourrai me reprocher. Mais qui connaît son avenir ? Qui sait ce qu'il adviendra demain ? J'aimerais seulement, ce soir, dire à tous ceux qui me sont chers que, oui, je les ai appréciés, je les ai aimés, autant que j'ai pu le faire. Parce que faire plus serait incohérent, parce que faire moins n'est pas dans ma personnalité, je ne regrette rien, j'avance, tout simplement. La logique n'existe pas. Le hasard ne veut rien dire. Le temps est compressé. Nous souffrons autant que nous pouvons nous réjouir de vivre. La mort nous prendra bien assez tôt. Et si elle ne vient pas, vous la regretterez peut-être. Alors ?

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mercredi 21 janvier 2009

Pensées en vrac

Après bien des années à haïr au plus haut point ce que représente le quidam humain moyen et à supporter non sans séquelles ses états d'âmes et ses agissements inintéressants, j'ai fini par me demander pourquoi une telle attitude de ma part, si solitaire et tellement en marge.
Certes, au début, il s'agissait surtout de se construire soi-même et de se protéger face à la cruauté de ce que représentait la masse émergente d'élèves stupides et sans intérêt que peut représenter ses camarades de classe. Mais, au fur et à mesure, on y prend goût, on montre un visage noir, froid, distant et fermé, on affiche un état que les autres comprendront et - espère-t-on - fuiront pour éviter d'avoir à voir venir des imbéciles sans esprit. Bien entendu, il y a toujours eu des exceptions - je ne dénigre pas ceux qui auront été mes précieux amis au cours de ces quelques années de ma vie - mais il n'empêche que la grande majorité n'était que mouton dont l'existence ne valait en réalité guère mieux que la mienne - encore eut-il fallu en avoir conscience à cette époque.
Finalement, cela reste. On apprend au fur et à mesure de l'existence que d'autres sont dans le même cas que soi, et qu'on est pas tellement seul finalement. Alors on s'ouvre, on parle, et on lie davantage de connaissances qu'on aurait pu le croire au départ. Mais on se rend finalement compte, suite à ces discussions, que la situation n'a guère évolué depuis toutes ces années. Evidemment, il est devenu commun d'aimer les mangas, le dessin, internet, les jeux vidéos, la musique électronique, et toute sortes de choses. Il n'empêche, je ne me suis jamais retrouvé dans les termes génériques de teuffeur, de geek ou de nolife, parce que ces gens-là étaient trop affûtés dans leurs arts respectifs ou trop intelligents dans un domaine précis auquel je ne comprenais absolument rien. Finalement, non seulement je n'avais rien de particulier, mais pire: j'étais même moins bon dans bien des domaines qui me paraissaient au départ si représentatif de ce que j'étais.
Alors, finalement, c'est à cette place que je suis. Et je m'y complais. J'en ai rien à foutre d'acheter des tonnes de mangas et de les lire au boulot en solo dans mon coin, de dessiner n'importe où dès que j'en ai l'occasion et un crayon sous la main, de rester des heures à parler avec des gens sur MSN ou sur des t'chats, à écumer les forums ou à surfer comme un aliéné, de jouer aux jeux vidéos pendant des heures et refaire les mêmes parties des jeux de Square Enix indéfiniment sans y venir jamais à bout ou d'écouter de la musique à fond dans mon appartement dans un mélange des genres psychédélique. C'est comme ça.
Pas la peine de me faire chier en me demandant si je veux faire ci ou ça. Je veux pas. Je suis bien chez moi à mater Kaamelott, à jouer à Final Fantasy VIII ou à écouter Daft Punk. C'est l'essence même de ma vie, c'est ce que je suis, et c'est ce que je serais encore pendant un long moment.

lotus_esprit