Des connards, il y en a toujours eu, et partout. C'est une espèce dont le monde ne se débarrassera malheureusement jamais. Ils prennent toutes les formes, usent de tous les vices, de tous les stratagèmes et de tout leur foutu temps libre pour vous faire chier et vous pourrir l'existence. Car il y a bien quelque chose qu'il faut leur reconnaître, c'est leur obstination dans l'effort et la régularité de leur connerie sans nom. Alors prenons un exemple au hasard, mettons ":)", un quelconque quidam dont la morne existence ne se complaît que dans une expression perpétuelle de son ego sur-dimensionné et démesurément inutile. ":)" a donc toutes les qualités d'un parfait connard, ce qu'il est de prime abord, et également ensuite, avec une linéarité caractéristique démontrant bien qu'il se satisfait de cet état de sa personnalité qu'il juge sans doute incroyablement intéressante et mature. Dans un élan de grande solidarité et d'une sagesse sans fin, il administre conseils inutiles et étale son savoir grandissime, ce qui lui permet de faire chavirer le coeur de jeunes gens aussi vierges devant la perception du monde qu'ayant besoin de repères pour avancer dans la coolitude immaculée des apparences. Car si le connard peut se reconnaître aisément à un stade avancé, certains ne le perçoivent pas de cette façon : soit parce qu'ils sont aveuglés par cette prestance impressionnante et cette répartie misérable, soit parce qu'ils ont besoin de se sentir exister au milieu de ce monde. Toujours est-il que le connard est plus fort lorsqu'il est entouré, lorsqu'il prend ses aises, lorsqu'il devient une pièce centrale du théâtre qui est en train de se jouer devant nous. Et alors qu'on assiste sidéré au déroulement de cette scène aussi pathétique que déplorable, on a qu'une seule envie : lui dire d'aller se faire foutre.